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Oost-Cappel 1914-1918


Avril 1915 (Offensive allemande en Flandre)


Les fiers soldats du " Kaiser ", étant maintenus en Lorraine par les baïonnettes françaises, décidèrent de pratiquer l'attaque comme eux , mais cette fois-ci, en violant la neutralité de la Belgique, où 27 corps d'armées font irruption.

Heureusement pour nous, l'ennemie avait oublié de compter sur la vaillance des fusiliers marins de l'amiral RONARCH, qui les stoppèrent sur les rives de l'Yser à Dixmude, où les Allemands sacrifièrent quatre corps de volontaires pour enrayer la poussée anglaise.

Pris et repris plusieurs fois dans la même journée, les habitants de certains villages belges, voyaient passer tantôt les casques anglais, tantôt les casques à pointes, dans les fracas des obus, le son des trompettes guerrières rappelant les hommes dispersés, et les râles et cris inhumains des blessés.

Dans de longs convois, les blessés et les mourants, traversaient Oost-Cappel pour rejoindre les hôpitaux de Bergues et de Zuydcoote.

De temps à autre, nos anciens entendaient des obus passer au-dessus du village (les allemands tiraient sur Bergues et Dunkerque avec des canons à longue portée).

Enfin le front se stabilise et Oost-Cappel devient un camp de réserve de combattants, dans l'attente d'une offensive décisive. Belges, Anglais et français y sont " parqués " dans les fermes, les granges et les prés, par secteur (on avait beau avoir un ennemi commun, il n'en existait pas moins quelques rivalités de moeurs).

En 1917, les Oost-Cappelois virent même arriver une compagnie américaine qui logea dans la ferme Lootens (aux cinq chemins). Par temps clair, les villageois apercevaient les ballons captifs au-dessus de Dixmude et entendaient les fusillades dues aux rencontres de petits groupes d'infiltration dans nos lignes.

A cette époque , notre village eut la visite de " touristes " allemands environ 200 hommes d'un corps franc allemand qui s'étaient infiltrés derrière les lignes allièes et, après quoi, s'étaient divisés en cinq groupes de reconnaissance de 40 hommes.

L'un de ces groupes, se présenta à Oost-Cappel et, apparemment perdu, rencontra une fillette qui jouait devant sa maison (Mme Delannoy).

Un soldat à cheval, qui semblait être l'officier, lui demanda en bon français quels étaient les clochers que l'on apercevait aux alentours afin de se repérer.

La fillette surprise et inquiète de voir des soldats allemands à Oost-Cappel, n'osa pas lui refuser les renseignements demandés.

Après lui avoir adressé un sourire de remerciement, l'officier à la tête de sa troupe, reprit sa marche par le mitoyen en direction de Bambecque. Malheur en prit !

Un peu plus loin, du côté des " trois roi ", et après avoir tué un jeune homme de 17 ans à Bambecque, les intrus tombèrent sur les troupes territoriales qui les stoppèrent et les tinrent en respect jusqu'à l'arrivée du corps des douanes de Dunkerque.

Les français avaient installé un baraquement atelier dans notre village à proximité de la douane belge, où étaient réparées les pièces d'artilleries lourdes endommagées.

L'Etat Major anglais s'était installé à Houtkerque pendant que Foch installait le sien à Cassel. Le moment décisif approchait.

Le 29 avril 1918, le " généralissime " des troupes françaises, alors que l'ennemi devenait un peu trop pressant, déclenche l'assaut décisif, (l'un des deux devra céder), et le choc terrible entre les deux armées se produisit au Mont Kemmel.



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