La commune de Warhem fait partie du canton d’Hondschoote, arrondissement de Dunkerque. Elle est située entre Bergues et Hondschoote, au sud-est de Dunkerque. Le centre du village est à environ 10km à vol d’oiseau de la mer.
Elle est entourée à partir du nord et dans le sens des aiguilles d’une montre, par les communes de Téteghem, Uxem, Les Moëres, Hondschoote, Killem, West Cappel, Quaëdypre et Hoymille. Avec une superficie de 2 784hectares, elle fait partie des plus vastes communes de l’arrondissement. Dans ses plus grandes dimensions elle s’étend, du nord au sud sur environ 8,5km de l’ouest à l’est sur un peu plus de 6 km. Le Nord de la Colme est peu peuplé et peu boisé, c'est le Blootland ; le Sud est plus boisé et peuplé, Houtland (pays du bois).
Le sol a une pente descendante du sud au nord, et de manière moins marquée d’ouest en est, depuis un point culminant de 22 mètres, près de la limite avec West Cappel, jusqu'à 0m et même moins dans toute la partie nord de la commune(les petites Les Moëres). Cela explique q’une partie de la commune, en dessous du niveau des marées hautes, ait été inondée plusieurs fois durant les guerres lorsque les écluses de Dunkerque étaient volontairement ouvertes.
La commune est traversée d’ouest en est par deux cours d’eau, la Basse Colme et le Canal des Glaises. Des cours petits d’eau coulent perpendiculairement du sud au nord vers la Colme : Haeghe Meulen Becque, Becque de Wharem, Mille Becque et Killem Becque. La partie nord est quadrillée de fossés et canaux qui ont permis son assèchement. Il est traversé d'est en ouest par deux cours d'eau : la Colme et le canal des Glaises.
Le village est assez nettement composé de deux parties ayant pour limite la Colme : le Noordland ou Blootland(terre nue)peu habitée et peu boisée avec de grandes fermes, et dont les terres sont moins productives, et le Houtland(terres boisées)au sud, plus peuplée et boisée.
Paysage
Le paysage est façonné par l’agriculture qui occupe 80% de la superficie : champs bordés de fossés, fermes dispersées, simplement parce que l’eau était accessible partout. Souvent ces fermes, anciennement bordées de fossés et dotées d’une mare, sont entourées d’arbres, peupliers et saules traités en têtards. Les prairies dont le nombre a diminué, étaient entourées de haies, souvent d’aubépine.
Les maisons anciennes qui, sauf au centre, étaient liées à l’agriculture, sont également dispersées, le long des routes ou aux croisements. Sauf dans la partie nord, l’ensemble, vu par exemple du sommet de la colline qui estl’ancienne décharge, donne l’impression de bosquets parsemant la plaine cultivée.
Le centre aggloméré est organisé autour de l’église et de la RD403 qui le traverse du nord au sud. Cette occupation du sol et l’habitat au départ assez dispersé expliquent le nombre des hameaux ou lieux-dits aux noms généralement flamands. Les principaux étant :
-Bentjes Meulen = moulin du petit Ben
-Schap Brugghe = pont à moutons
-Mille Brugghe = pont du prés aux foins
-Kamtje = peigne
-Krommenhouck = coin tordu
-Paukens Werve = atelier du timbalier
-Puytouck = coin aux grenouilles
-Lenten Burg = château du printemps
-Haeghe Dooren = haies d’aubépines
-Nieuw Meulen = nouveau moulin
-Rattekot = baraque à rats
-Korten Tap = courte pointe
-Keysel Dael = chemin vallonné
-Haeghe Meulen = moulin de la haie
Son histoire
Warhem est un village très ancien. Une carte de 9ème siècle situe Warhem entre quelques bras de mer qui s’étendent de chaque côté de la colline du Groenberg (Bergues). Le pays était soumis à l’influence des marées, qui à certains moments de l’année peuvent atteindre une amplitude de sept mètres. Aucune digue ne protégeait les habitants qui vivaient sur les hauteurs. Le point culminant de cette contrée du West-Hoek étant le Groenberg, la population y résidait en grand nombre. C’est là que les moines de St Bertin de Wormhout vinrent s’installer pour évangéliser le pays.
En 685, Winnoc, moine breton, fonda l’Abbaye du Groenberg qui plus tard devait porter son nom. Le rayonnement spirituel de ces religieux fut très important puisqu’ils fondèrent une trentaine de paroisses. Leur vocation de défricheurs était connue dans toute la France : au courage des habitants pour vaincre un ennemi redoutable, l’eau, il manquait souvent de la méthode, une certaine autorité de l’imagination pour mener à bien tel ou tel projet. Les moines, habitués au zèle et à la réflexion, en firent profiter la population d’une trentaine de villages sans cesse décimée par des épidémies qui se propageaient dans le pays de marais : la fièvre paludéenne ou malaria, la fièvre typhoïde et la peste bubonique. Il fallait assécher ce pays au plus vite, mais ce n’est qu’en 1417 que fut construite la première digue, depuis Dunkerque, village de pêcheurs, jusqu'à Gravelines pour empêcher la mer de pénétrer dans les terres.
Le pays assaini, où l’on creusait des canaux, où l’on créait des chemins, où l’on cultivait du blé, de l’orge et des fèves(principal nourriture des habitants), mais également où l’on filait la laine où l’on tissait la toile de lin, était devenu un pays prospère qui intéressait beaucoup la Noblesse de la Châtellenie de Bergues et le Haut Clergé des lieux.
En 931, près de la moitié des terres de Warhem ont été données en fief à l’Abbaye de Saint-Winoc. Ce territoire s’appelait Warhem-Breed(ou large). Les moines de la Prévoté de Saint Donat de Bruges possédaient 900 mesures soit environ 400 hectares : Warhem-Prochie. La Révolution de 1789 mettra un terme aux privilèges du Clergé et de la noblesse. Les religieux seront expulsés et les Ordres bannis. Les curés des paroisses devront se soumettre à la nouvelle Constitution civile, sinon ils seront déportés. Tous les biens du Clergés et des nobles seront déclarés « biens nationaux » et seront mis en vente à partir de 1790. Quelques occupants achèteront le champ, le jardin ou la maison qu’ils habitent. Mais les nouveaux propriétaires seront surtout les bourgeois des villes comme Bergues, Hondschoote et même des commerçants, magistrat ou avocat de Dunkerque. Les terres et pâtures changeront de mains.
Warhem est un village rural. Plus des trois quarts de la population habitaient les fermes et les hameaux. Il était possible de s’installer partout puisque l’eau n’est pas profonde. Cet isolement des habitants leur a donné naturellement un caractère individualiste. Le flamand est considéré comme un être renfermé sur lui-même, peu bavard, ne comptant que sur lui pour sa subsistance et celle de sa famille.
L’histoire du village c’est aussi le souvenir de deux guerres très meurtrières. Durant celle de 1914/1918, 89 de ses enfants sont morts sur les champs de batailles. Pendant celle de 1939/45, Warhem fut le théâtre de la débâcle des troupes françaises et britanniques, puis le lieu de leur réembarquement pour la Grande-Bretagne, ce qui lui valut 32 victimes civiles. Warhem a dû subir pendant quatre années l’occupation des troupes allemandes.
A partir de 1950, début de la reconstruction, le village reprit une activité normale, celle d’une population active et courageuse, sereine parce qu’a l’écart du bruit et de l’agitation des villes sans être trop éloignée. Le village compte 2087 au 1er janvier 2009.
Origine du nom
Parmi les explications possibles retenons : le suffixes « hem » qui est très courant dans les langues germaniques (« heim » en Allemagne et « Ham » en Angleterre) et signifie la demeure et par extension le hameau, le village et la terminaison « war » qui viendrait du premier chef ou notable. Mais Warhem peut aussi signifier habitations fortifiées. Il est cité, dès le 11ème siècle, comme village payant la dîme à l’Abbaye de Saint Winnoc.
Son blason
Selon le Chanoine Leuridan, archiviste du diocèse de Cambrai (1907), le blason de Warhem de tradition flamande est un écu échiquier d’argent (blanc ou argent) et de sable (noir) de 12 pièces dont la partie inférieure est en demi-cercle.
Ces armoiries sont attribuées à une ancienne famille noble du nom « de Warhem » attachée à la Châtellenie de Bergues et où ils ont exercé pour la plupart des fonctions, citons : Thierry de Warhem en 1174, Jean de Warhem en 1410, Philippe de Warhem sous-bailli puis échevin de 1407 à 1434, Robert de Warhem échevin de 1464 à 1466, Philippe de Warhem échevin en 1495 et 1496, Jacques de Warhem échevin en 1504 à 1506.
En héraldique, échiqueté signifie en damier ou en échiquier. L’argent symbolise la sérénité et la noblesse, le sable, la repentance et la vengeance.